Le Passeur et Nawa-San la Fidèle N ° 959 292 508

21 septembre 2011

Ailleurs

Autre chose, pas mieux

Ailleurs, flottante,

Occupée d’autres appels,

Habitée de plénitude,

 

Autre chose, pas mieux

Horizon à la couleur différente,

Apprentissage tout aussi exigeant,

Minutie également nécessaire,

 

Autre chose, en progrès

Moins de conflits et d’arc-boutements

Des liens bienfaisants,

Des rythmes choisis

 

Autre chose, en plénitude,

L’Amour comme je n’y croyais pas,

Le projet comme j’en rêvais,

Pour de vrai, comme disent les enfants

 

Autre chose, en questionnement,

Est-ce une pause ou une dérive ?

Quid des corps dans des cordes ?

Et surtout, suis-je encore soumise ?

 

Je repense à ce bondage de mars 2010

J’y parlais d’accouchement,

« qui accouche et qui naît ? ou re-naît ? Nous sommes en transformation, toutes, et Vous aussi. Est-ce que je tente d’accoucher de quelque chose avant Votre départ ? »

Peut-être s’agissait-il de moi,

Peut-être m’assurais-je de naître,

Avant que Vous ne preniez la route

 

Pas d’inquiétude, je vais bien

La vie est dense et douce,

J’apprends à me ménager,

Il manque de la place pour tout ce que je voudrais faire, vivre, partager

Mais j’ai compris qu’il en manquera toujours

Et que ce manque-là aussi peut être bon.

 

 

nawa-san

959 292 508

 

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13 juillet 2011

14 Mois

C'était fin Avril 2010, je partais pour quelques presque 3 mois, nous le savions, nous en parlions, nous nous y préparions, depuis longtemps déjà, mais là nous y étions, ce chemin, mon chemin, allait nous séparer physiquement, notre histoire commencée il y avait 4 ans, allait devoir se poser, se mettre en position "off" quelques semaines, une dizaine environ...

Bien entendu, ni nawa-san, ni Moi, n'aurions voulu autre chose, que ce "plaisir très personnel" d'aller au bout de ses rêves, de soi même, mais tout de même, il était évident que des interrogations planaient, comment allions nous vivre la gestion de ces "manques" etc etc..

La vie est capricieuse, la vie est pleine de rebondissements, la vie est la vie... et lorsqu'elle décide de vous mettre à l'épreuve, elle s'en charge sacrément, ce que nous ne savions pas, ni elle, ni moi, à cet instant, c'est que puisque j'allais défier la nature de mon côté celle que j'aime, celles des grands espaces terrestres, la nature allait elle se charger de défier de son côté nawa-san, cette nature qu'elle aussi aime tant, celle des grands espaces maritimes, océanographiques...

Comme si... même pendant ce temps de latence qui nous était imposé, il fallait que le balancier revienne au milieu, au milieu, telle la voie que nawa poursuit si justement, dans son cheminement à mes côtés, depuis tant d'années..Il fallait réequilibrer les choses... Elle se questionnait..? comment allait elle vivre son masochisme, en mon absence ??

Elle s'inquietait ?? elle se demandait si...Enfin elle était elle même en quelque sorte, toujours inquiète, toujours juste aussi, a la recherche du meilleur...

La nature se chargea donc de répondre à ses inquiétudes, son masochisme fût plus que nourri, il était dit que nous ne ré ouvririons la parenthèse, que le 1 er Juillet 2011, soit 14 mois plus tard ...

14 mois...ou presque, nous passerons les quelques petits moments volés deux ou trois, ces derniers mois...

Ces mois imposés, d'éloignement physique, furent parfois étranges, parfois longs, parfois questionnant, lorsque je dis questionnant, cela n'a rien de négatif entendons nous bien,
au contraire, la mise en avant de la force invisible du lien, de sa puissance, de sa réalité, de son authenticité, de sa profondeur, était chaque jour présent en nos esprits...

De doutes aucun, non jamais, cela aurait été un non sens total, la force du bdsm est là je crois lorsque la relation est établie, avec force, positionnement, et droiture, quel couple, quel amour résisterait à 14 mois d'absence, sans que ne s' immisce le doute, l'incertitude...

Oui nous savions, nous savions qu' un jour, nawa-san arriverait face à moi, que comme à son habitude, elle se préparerait avec soin, que ses gestes seraient les mêmes étudiés et méticuleux, puis qu'une fois prête, et seulement, elle me tendrait son collier, afin de lui en ceindre le cou, un jour...

Quand ?? qu' elle importance après tout ??

N'ai je pas souvent répété que le BDSM était "Hors temps" que le temps ne comptait pas... qu'est ce que le temps face à cela..??  face à cette force, à cette beauté... à cette recherche, à ce partage..?

le chemin d'une éducation, les pas, vers ces envies, vers cette recherche intemporelle, minutie, droiture, réussite, maîtrise et harmonie, sens du détail, du plus petit, de l'infime, du dépouillement, cette recherche mutuelle et conjointe, cette constance n'étaient ils plus fort que le temps, que le manque, que la plainte qu'aurait pu émettre, celle ou celui qui n'aurait compris l'essentiel...

Ce "temps" justement n'a fait qu'oeuvre...

J'insiste toujours sur cette notion de l'attente, de tout ce qui peut être extrait, tiré, tout ce dont on peut se nourrir, si positivement dans l'attente, plutôt que de soit la bâcler, soit s'en plaindre... L' attente est belle... l'attente et ses prémices, l'attente est tout ce qu'elle permet..aussi bien physiquement, qu'intellectuellement...

En Septembre, comme pour compléter si "justement" enfin... notre histoire, nos recherches vers l'attitude la plus juste, vers non pas un bdsm pur et dur à la française, où à l'anglo saxonne, mais plutôt vers un cheminement qui nous mènerait vers l'orient, le Japon, et ses Geishas, apparue Fleur de Sel, en découvrant cette jeune femme, mes premières pensées, allèrent immédiatement vers toi, vers tes cordes, vers les kimonos, vers cette envie d'apprendre, d'aller chez cette japonaise établie à Paris, pour y apprendre l'art de l'habillement.

Vers tout ce que nous avions voulu partager avec cette autre, sans jamais la trouver vraiment,

Elle était là, devant moi, mutine, souriante, lumineuse, charmeuse charmante, quelques échanges, quelques mimiques, le temps passe si vite, que déjà elle repartait...

Nous nous sommes revus, elle partait en vacances au Japon, la hasard n'existerait il pas ??

Début décembre, je parais son cou d'un lien symbole, qui mettait en lumière, ce qui c'était déjà noué de si fort entre nous, depuis plusieurs semaines, j'avais vu se positionner devant moi, s'ouvrir, s'offrir, cette jeune femme avec une telle justesse, une telle droiture, de nobles sentiments, une réelle recherche, une réelle compréhension surtout de son positionnement, de son attitude, et de ce qu'elle cherchait... qu'il ne pouvait en être autrement...

je savais.. qu'un jour tu l'aimerais à ton tour !

Que lorsque viendrait enfin le jour, de te retrouver à ta place, une fois ton cou ceint, les yeux baissés, d'un geste doux, et affectueux tu saurais lui dire : 

 

"Bienvenue, heureuse de te retrouver à mes côtés ".

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03 novembre 2010

Toiles

31 octobre 2010

 

Quelques semaines auparavant, j’avais commencé à préparer cette fête, dans ma tête.

C’est une de Vos soirée préférées, longuement préparée chaque année, et que je rate régulièrement pour cause de voile. Ca tombe bien je n’aime pas trop les fêtes déguisées, je n’aime pas trop les célébrations à date fixe, même si je comprend qu’on puisse les aimer. Il fallait que ça soit une vraie participation, pas juste de la présence, même avec mes cordes, qui sont une participation devenue habituelle.

 

Donc j’imagine mettre mes cordes au service de la soirée, de la thématique de la soirée, telle que j’imagine que Vous la concevez. Du rouge et du noir, et pas de turquoise. Modifier le contenu du gros sac. Du chanvre brut aussi, pour ne pas manquer de longueurs. Changer ma tenue. Une cordelette rouge pour mes cheveux, une tenue rouge et noire.

 

Donc j’imagine des corps emprisonnés, comme capturés par une araignée, pris dans la toile. Je visualise des corps partiellement emmaillotés et partiellement désarticulés, j’anticipe des points d’accrochage, pour tendre la trame de la toile, avant d’en tisser les fils secondaires, je manque de points d’accrochage bas, dans mes souvenirs il n’y en a pas. Il serait trop tard pour en faire installer, alors j’imagine me servir d’une jambe ou d’un bras comme trame, pour tisser la toile dessus. Un bras emmailloté et un bras tendu, une jambe désarticulée et une jambe d’appui.

 

J’ai bien regardé l’épeire diadème, l’araignée qu’on étudiait à l’école primaire, je l’ai bien observée, en Vendée, sous la tente, longuement, j’ai vu comment elle tisse sa toile, j’ai envie de m’inspirer de ce geste pour créer à cette fête. Faire des choses que je n’ai jamais faites et que je ne referai plus jamais. Des œuvres de circonstance, inspirées par la situation et pas par les corps. J’ai trouvé ainsi comment renouer avec la création sans avoir encore résolu avec Vous le problème de la « toile ». j’ai trouvé ainsi comment créer pour Vous sans avoir besoin que Vous me désignez la « toile » et ce que Vous en voulez, car je sais que Vous serez trop pris pour cette dimension de Jeu. Je suis apaisée de cette préparation. Je me promets de prendre mon temps, le temps des gestes paisibles.

 

Je reprends contact avec les lieux, pendant la préparation … ah ! c’est donc pour ça que je voulais venir aux préparatifs ! Il existe des points d’accrochage bas, dans les salles où je ne bondage pas d’habitude. Tant mieux, je sais que la salle principale sera comble, donc je créerai dans les autres.

 

Chacun des trois « tableaux » de la soirée est une représentation de l’idée de base, avec des variantes, et trois petits suppléments.

 

Le premier tableau est le plus impressionnant pour moi, parce que je sens l’inspiration venir, revenir, le geste s’envoler, parce que je sens la « toile » vibrer, et parce que je ne savais pas si la toile se formerait.

 

Le second tableau et le plus chargé d’enjeu, parce que c’est un duo, parce que je ne connais le corps ni de l’un ni de l’autre, parce que j’ai promis quelque chose à l’un, et parce que la belle est Vôtre, donc précieuse. Mais j’aime les duos, j’aime que Vous l’ayez suggéré, nourrissant notre alliance de Maitre et soumise-artiste, et j’ai grand plaisir à jouer avec le miroir tout proche et avec le masochisme du semi-crucifié.

 

Le troisième tableau est une prise de risque délicieuse, le risque de la strangulation, avec une « toile » dont je connais les réactions, risque maîtrisé, avec dialogue complice, co-création.

 

Les trois petits suppléments sont des improvisations déclenchées par les corps. La poitrine de l’une, le cul de l’autre et les bras d’une troisième. La poitrine que j’ai proposé d’envelopper d’une toile rouge, tissée un peu impatiemment, je n’avais pas réalisé que cette idée serait si longue à réaliser. Le cul m’a inspirée dès les moments de l’habillage, et j’en ai eu envie à chaque fois qu’il m’est passé sous les yeux. J’ai pris mon temps, cette fois, m’installant confortablement, j’ai réussi à faire exactement ce que je voulais faire, à apporter le niveau de finition à la hauteur du reste de la tenue, et de la pulsion de « mise en valeur » qui m’habitait. Je crois ce c’est ce que j’ai fait de plus beau ce soir-là. Les bras de la troisième, c’était un a-parté, en dehors du thème de la soirée, comme le souligne mon choix instinctif de corde turquoise. C’était aussi comme une promesse d’y revenir plus tard, si cela Vous plait ... si cela lui plait.

 

 

 

nawa-san

959 292 508

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29 septembre 2010

Douceur

Est-ce l’effet de la place laissée vacante,

Sous Votre regard, à Vos pieds, sous Votre main

Est-ce Vous, est-ce moi, le lieu, le moment ? 

 

Confiance que le chemin se présente,

Pourvu qu’on soit là pour l’emprunter

Chaque chose en son temps.

 

Coiffure soignée pour le port de tête,

Posture à genoux corsetée,

Doucement contraignante.

 

Jeu de cordes, jeu de douceur,

Sur cette « toile » fragile, émouvante,

Jeu triangulaire éphémère.

 

Pressions sur la nuque, les vertèbres,

Ca fait un peu mal et ça fait si chaud,

Vous savez où presser doucement.

 

Jeux de main, jeux de douceur,

Si proche mais sans contact,

J’en savoure la chaleur

 

Jeux de soupirs, jeu de regards,

Vous êtes content j’en suis ravie,

Et toujours un peu surprise.

 

Confiance que le chemin se présente,

Pourvu qu’on soit là pour l’emprunter

Chaque chose en son temps….

 

 

 

nawa-san

959 292 508

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23 septembre 2010

Cheminements

Mes pas vont reprendre le chemin de la rue Truffaut,
Chemin retour vers ce lieu où j’ai tant cheminé,
Et que je n’ai pas fréquenté depuis Votre départ.

Qu’y trouverai-je après une si longue absence ?
Qui y serais-je après mes cheminements de ces derniers mois ?

Bondageuse, soumise, masochiste ? Un, deux, trois ? Geisha ?

La bondageuse songe ….. le chemin de création, de co-création à trois, devait se poursuivre à deux pendant Votre cheminement, pour mieux Vous célébrer à Votre retour. Ce chemin-là s’est vu enseveli, noyé littéralement, par un naufrage. Impraticable pour moi depuis le 4 mai. A l’heure où mes mains ont envie de savoir s’il leur reste un élan créatif, voilà que la « toile » s’est envolée, partie sur son chemin bien à elle. Il s’agit donc de trouver une autre « toile » et de défricher un nouveau chemin, pour voir où il mène.

La soumise médite …. le chemin de docilité devait rester en paix, attendant Votre retour. J’avais assez de tranquillité intérieure pour vivre cette distance-là et cette durée-là sans agitation. Et le plaisir de Vous retrouver et d’être à l’écoute de Votre propre chemin est revenu entier. Mais entre-temps, de grands choix ont été faits, des routes ont été choisies, une marche que Vous n’avez pas pu suivre de près, et dont je peine à Vous communiquer l’ampleur. Même si Vous montrez que Vous l’avez senti.

La masochiste s’étonne …. Aurait-elle trouvé une voie nouvelle ? Le pire était à craindre : pas de navigation bienfaisante après trois mois sans fouet ni badine. Et puis non, quelques violences faites à mon corps dans la montagne, puis sur le chantier, en toute lucidité, avec la complicité de mon Chéri, ont permis d’éviter les débordements de violence relationnelle. Presque. Ou bien serait-ce l’immensité de la tâche à laquelle je m’attelle, qui apaise par avance 30 ans de besoins maso à venir ?

La Geisha est à l’arrêt, en apparence. Elle a renoncé au Grand Kimono, elle n’a pas encore concrétisé son projet de modification du Yukata en Kimono « maison », elle n’a pas rouvert son manuel d’habillage et de coiffage. Elle va toutefois rester fidèle à sa promesse de ne pas se présenter telle, sans une amélioration à sa tenue, ou à sa pratique.

Qui suis-je, aujourd’hui ?
Voyons quel chemin se présente maintenant devant nos pas.

nawa-san
959 292 508

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25 août 2010

D'une suspension...

Réalisée par nawa-san sur sa soeur E27 l'on fit une photo :

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qui devint dessin par la talent de Célines-Sophies :

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dessin, qui fut colorisé par Grochat :

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Merci à tous, pour ce splendide moment, fixé à jamais sur papier

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20 mars 2010

Foetale

Le titre « fœtus » est déjà pris, par un texte de juin dernier, et c’est pourtant ce mot-là qui revient, lorsque je repense à ce que j’ai fait et vu hier.


L’idée venait de la même scène de juin mais par un cheminement différent.

Melle Ôda avait suggéré un bondage enveloppant la bulle de latex, et évoqué les boules à facettes qu’on suspend pour les fêtes. Suspendre un corps enveloppé d’une bulle de latex me semblait techniquement infaisable, quoi que … on y réfléchira encore.


Mais la boule à facettes qui tourne et montre quelque chose de différent au regard semblait accessible, depuis la réussite des suspensions évolutives … à condition d’oublier la bulle de latex, et de prendre des prises sur les membres, en entrecroisant les cordes pour empêcher tout glissement.


J’avais imaginé une posture jambes repliées, contre la poitrine, bras enlaçant les jambes, mais 27 trouve seule une position différente, coudes contre la poitrine, plus ramassée, plus fœtale, justement, mais je ne le vois pas, dans ma concentration à créer cette boule compacte que je voulais faire tourner. C’est ainsi dans nos sessions « innovation », entre bondageuse et modèle : quelques mots, quelques échanges légers, une co-création.


Mes gestes sont en train de créer, une partie de moi se soucie d’esthétique, une autre de sécurité, une autre encore tente de préparer les futures possibilités de rotation, en positionnant une variété de prises potentielles pour les suspentes. J’enroule au total 70 mètres de cordes autour de son corps. Geste après geste, la conscience que quelque chose d’important est en train de se produire, une fois de plus, monte en moi. Une hâte de voir comment va se comporter cette boule, et une attention a empêcher tout glissement : dans cette position ramassée, les bras immobilisés, 27 n’a aucune possibilité d’intervenir.


Premières mises en tension, bascule de coté, abandon, elle est suspendue, très proche du sol. Vérification de la stabilité et du confort pour elle, et premier pic de jouissante pour moi, comme à chaque fois. Encore plus car la complexité et la nouveauté font que je ne peux pas vraiment savoir à l’avance quelle sera la position d’équilibre des différentes tensions. Je « découvre » cette suspension presque autant que les observateurs présents !


Incertaine de ce qui se passera à la rotation, j’encourage la prise de photos très tôt dans la manœuvre, qu’au moins on en ait quelques traces…


Ensuite commence la partie que j’imaginais principale : les rotations - que je voulais multiples- et l’élévation – que je voulais progressive, jusqu’à la hauteur habituelle, à mi-chemin entre le sol et les mousquetons. Mais de prise en prise, la situation évolue très vite, vers une position unique, stable, indolore, voire même confortable, dos vers le sol, tète plus basse que les pieds. Encore plus fœtale qu’en juin dernier dans la bulle de latex, mais ce n’est pas non plus là que j’en prends vraiment conscience.


 

Là seulement, je peux prendre du recul et savourer une deuxième bouffée de plaisir, il y a quelque chose de vulnérable et puissant en même temps dans cette position. Beau.


 

La descente, je l’anticipe, par sécurité, pour pouvoir prendre mon temps et à cause de la quantité de cordes à défaire. Un délicat exercice de dépose, d’abord poser les épaules, puis poser le bassin, ce geste aussi résonne puissamment en moi.


Puis les interminables minutes de dénouage, en basculant ce corps passif, docile, et dépendant, de droite et de gauche pour dégager les cordes à chaque tour défait, vite pour dégager les jambes qui souffrent, doucement pour ne pas gâcher ce moment. J’ai mal au dos. 27 a mal aussi, aux jambes, hâte de les déplier, elle tente de m’aider. On se retrouve dans un fatras de cordes entremêlées. Cordes, cordon.



L’opération finie, les cordes dégagées de l’espace, le regard que Vous m’envoyez, cette invitation à venir Vous rejoindre, me procurent une bouffée de joie de plus, Vous avez vu, quasiment tout, Vous êtes content, Vous partagez ma joie…


Je suis émotionnellement et physiquement vidée et comblée, et ça se ressentira pour le reste de la soirée. Incapable d’engager un autre bondage à ce moment-là, je le fais savoir aux personnes qui demandent. Je songe qu’il faudra écrire, comme j’ai raconté à Lili, pour mettre des mots sur des sensations, et avancer dans la compréhension de ce qui s’est passé.


Et c’est en cherchant le mot titre du texte que je comprend : cette position était celle d’un fœtus.


Et c’est en écrivant ce texte que je comprend : j’ai symbolisé une fin de gestation et un accouchement.


Interrogations : s’agissait-il de mon inconscient ? de celui de Melle Odà, il y a 9 mois environs, de celui de 27, aujourd’hui ? qui accouche et qui naît ? ou re-naît ? Nous sommes en transformation, toutes, et Vous aussi. Est-ce que je tente d’accoucher de quelque chose avant Votre départ ? Comment les observateurs ont-ils vécu ça ? Ceux et celles, qui se sont déplacé(e)s pour venir complimenter, remercier.



Nawa-san

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08 mars 2010

Dépravée

Dépravée, mot qui a surgi dans mon esprit ce matin-là

Dépravée, à propos de moi

Dépravée, avec le sourire, mais tout de même

Dépravée, et ça fait tilt !

Dépravée après une série d’orgasmes rapprochés ? c’est donc ça ? dépravée d’avoir joui ?

Jamais dépravée dans le libertinage, la soumission, ni le fouet, ça jamais.

Mais dépravée de jouir sous les bons soin de mon amoureux … curieux, tout de même.

Cette maso qui n’a pas d’orgasme sous la badine, mais stocke pour plus tard les sensations à re-convoquer sous la couette, n’est pas dépravée à ses propres yeux. Cette soumise qui explose de plaisir quand on ne lui laisse vraiment pas le choix … hummmm, irrésistible fist, inéluctables baguettes ! … n’est pas dépravée non plus.

Mais donnez-lui du simple sexe vanille réussi et elle se traite de dépravée. D’y avoir pris plaisir.

Ça fait rire et ça fait peur.

Et ça fait tristement froid, ensuite.

Pas dépravé, mais « déprivée », plutôt.

Privée de plaisir.

Pas de plaisir dans la sexualité. Le plaisir est pour l’homme, pas pour la femme. Je caricature un peu, si peu. Tant d’années avec ce petit verrou tapi dans l’ombre et les méandres, ce petit verrou en forme de gros interdit. 10 ans de vie sexuelle à me dire « tout ça pour ça », avant de découvrir les plaisirs masturbatoires « ha ! il y a quelque chose… ». Puis 15 ans avec moins d’orgasmes, sans mes doigts, que les doigts d’une main. Sans rire.

Jusqu’au jour où je Vous croise, le premier homme qui me promet qu’il ne prendra pas son plaisir dans la sexualité en moi. Une promesse si solide que quatre ans plus tard elle tient encore. Une promesse si solide qu’elle a permis les explorations et les découvertes de plaisirs intenses dans une relation de confiance inimaginable.

Jusqu’au jour où je croise A., le premier homme vanille dont la définition de l’amour est le partage. Trois ans plus tard il cherchait encore les clefs pour m’ouvrir vraiment. Et je sais qu’il continuera à chercher. Jusqu’à avoir un plein trousseau.

Dépravée va retourner au rang de taquinerie, mais il gardera – indéfiniment – ce parfum de révélation, cet arrière-goût de vérité révélée, ce son de verrou qui s’ouvre enfin.

Clang.

Joie.

Partage.

Merci.

 

Nawa-san

959 292 508

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04 mars 2010

Le sens de ma vie...

La grâce désigne les mouvements gracieux ainsi que les moments gracieux de solitude ou de communion. Cette qualité est parfaitement comprise par les danseurs, les rhétoriciens et les pratiquants du Zen ou d’autres philosophies orientales.

Il s’agit de parler avec grâce et faire de chaque heure une œuvre d’art. La grâce exige une présence et une allure qui font que chaque année est meilleure que la précédente.

Et, finalement, la grâce implique qu’une vie entière d’amitiés et d’inimitiés, d’intimités et d’affrontements, de comédies et de tragédies, aura quelques chances de s’achever sur quelques notes de complétude et de noblesse.

Pour moi, élégance = grâce = retenue, l’évitement de l’exagération et de la disharmonie, en parole, comme au ballet ou en peinture.

la grâce selon Eric Berne.

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Comme une évidence...

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